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Quelles évolutions dans la chaîne de valeur des activités liée à Internet ? Quelle place pour les OTT ?
Les opérateurs d’infrastructure ? Les constructeurs et éditeurs de terminaux ?

Depuis que les technologies IP se sont imposées, les opérateurs d’infrastructure ont perdu le monopole des services. Les opérateurs télécoms se voient cantonnés dans le rôle d’offreur de connectivité, tandis que les OTT accaparent de plus en plus de valeur. Le développement du secteur des terminaux ajoute encore au déplacement de la valeur, les opérateurs d’infrastructures se vivant de plus en plus comme unique investisseur important, alors qu’ils partagent les résultats avec l’ensemble de l’écosystème du numérique.

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La table ronde était animée par Richard Toper, Président Setics. Sont intervenus :

  •  Pierre-Jean Benghozi, Membre du Collège, ARCEP
  •  Alain Vallée, Chercheur, Chaire Innovation et Régulation des Services Numériques, Telecom ParisTech.
  •  Luc Julia, Vice-Président Innovation Group, Samsung Electronics
  •  Philippe Laredo, Président, Option Service

 


Bonsoir à tous, on va démarrer la conférence et comme vous le savez elle est aussi retransmise sur une captation, sur Internet. D'ailleurs, vous la retrouverez ensuite par exemple, comme la précédente sur le site de Forum Atena et d'Option Service qui est partenaire. J'ai trois choses à vous demander, en premier c'est que quand vous poserez des questions, et ainsi que pour les intervenants, c'est de bien parler dans un micro pour que ça puisse être écouté par tous les auditeurs. J'ai un deuxième message, comme ça va être retransmis, pour ceux qui ne veulent pas que leur image soit reproduite, diffusée qu'ils le disent tout de suite ou se taisent à jamais, voilà ! Et j'ai une troisième demande aussi, c'est que si vous pouviez vous avancer et occuper un peu plus le premier rang, le rang qui est juste ce serait très bien, c'est une demande de la Régie. Avant de rentrer dans le vif de la table ronde, il y a un petit mot qui va être donné aux deux présidents, des deux associations l'IREST et Forum Atena ainsi qu'à la maison qui nous accueille qui est l'ISEP, qui est une école d'ingénieurs dont toutes les personnes qui sont là, les quatre conférenciers qui ne connaissaient pas, ont admiré les locaux et le jardin, n'est-ce pas ? Jean-Pierre, si tu veux commencer pour dire deux mots d'accueil, tu as droit à une minute top chrono dans le micro.
Bonjour et effectivement, nous les responsables d'associations nous serons plus rapide que la première fois. Juste pour dire que nous sommes heureux à l'ISEP et au nom de l'IREST de vous accueillir pour cette deuxième table ronde sur le grand chambardement du numérique, la première ayant eu lieu le 21 janvier à cet endroit. On ne reparlera pas du descriptif de l'IREST "Institut de Recherches Economiques et Sociales sur les Télécommunications". Nous sommes très satisfaits cette année de faire la plus grande partie de nos conférences en partenariat le Forum Atena et aussi avec l'ISEP dans ces très beaux locaux. Comme on l'a dit la première fois, le succès du numérique fait aussi parfois l'insuccès du physique, c'est à dire que nous aurons de plus en plus de gens qui seront online et de moins en moins en physique, donc il faut quand même qu'il en reste un certain nombre en physique pour qu'on fasse un débat ; mais c'est quand même très satisfaisant. Je passe la parole à Philippe Recoupé, Président de Forum Atena, et je vous souhaite une très bonne soirée-conférence.
Merci, Jean Pierre, merci d'être venus déjà un peu nombreux, mais ça va continuer d'arriver. C'est vrai que les conditions de circulation ne sont pas toujours idéales en ce moment, vous avez remarqué. Merci d'être venus pour ce deuxième chambardement, je vais me répéter un peu, mais je vais le faire le moins possible. Forum Atena, qui est un peu un agitateur, se devait d'organiser ce type de débat et c'est vrai qu'on est très content nous aussi de le faire avec l'IREST. On s'entend très bien, je crois qu'on a réuni un beau panel de conférencier aujourd'hui qui vont nous bouger le neurone un petit peu, de manière assez différente parce qu'ils ont des profits volontairement assez différents et j'espère que la soirée sera riche. Pendant la totalité de la soirée, vous pourrez envoyer des questions par SMS sur un numéro de mobile, qui apparaîtra à un moment ou à un autre, si ce n'est pas à ce moment-là, ça va être un peu après. Notez-le, il y a un numéro de mobile, sur ce numéro de mobile, vous pouvez poser des questions par SMS. Ce sera rerouté sur mon téléphone et je ferai des signes désespérés à Richard pour pouvoir prendre la parole : le 07 86 90 72 18. Pour les personnes qui sont dans la salle, qui pourront bien sûr aussi les poser par oral, ça permet d'anticiper la pose des questions ; et c'est vrai aussi pour les gens, qui nous regardent en ce moment sur Internet, qui peuvent aussi poser des questions tout au long de la conférence. Je signale également que le premier chambardement, celui de janvier, est en ligne, on a été un petit peu long pour le mettre en ligne. Il faut comprendre qu'on est quand même sur une technologie très innovante, Philippe nous en parlera tout à l'heure. Ce n'était pas si facile, on est toujours un peu optimiste, sur "On va y arriver, on va y arriver", mais après les semaines passent… Je pense que le deuxième chambardement sera plus rapide, en plus on a l'été, donc un peu plus libre pour le faire et vous pourrez revoir ces moments-là sur Internet, à tout moment.
Très bonne soirée. Je passe la parole à notre l'école hôte qui nous accueille très gentiment sur ces trois chambardements, donc les deux, là, et puis le suivant peut être fin d'année. Denis ?
Merci Philippe. L'ISEP est très heureuse de vous accueillir en présentiel sur ce magnifique campus d'Issy-les-Moulineaux, ainsi que nos amis en distance, on va dire online. Donc, ici il fait chaud, il fait beau, on transpire un tout petit peu. Alors l'ISEP, Grande école d'ingénieurs du numérique en France, avec une partie télécom, une partie électronique / informatique / systèmes embarqués et d'autres et d'autres compétences. Nous formons aussi, dans le cadre de la formation continue, les professionnels du Cloud Computing, et aussi de la protection des données à caractère personnel ainsi que des spécialistes de la sécurité.
Ceux qui sont ici présents sont invités à prendre ces "épouvantails", on va dire, pour s'aérer un tout petit peu, sur lequel vous pourrez aussi trouver les informations sur nos formations et notamment un événement que nous organisons dans ces lieux le 5 juillet. Pour ceux qui sont présents, vous pouvez vous "épouvanter" en restant ici bien sûr. Eventer, voilà !
Merci Denis. Merci pour ces trois mots d'introduction. On va essayer de respecter la règle de temps de façon à avoir fini pour 20 heures, sachant qu'ensuite il y aura un petit rafraîchissement qui vous sera offert. Donc, c'est la table ronde numéro 2, le grand chambardement du numérique : le bouleversement des acteurs. En fait, les acteurs ont bien changé. Pour les gens de mon âge, il y en a beaucoup dans la salle aussi, rappelez-vous c'était le 20e siècle. Vous savez, à l'époque, il y avait le téléphone et puis il y avait la télévision. Ici, il y a des gens que je vois dans la salle, c'était il y a 40 ans, on disait la moitié des Français attendent le téléphone, l'autre moitié attendaient la tonalité. C'était ça les télécoms à l'époque. Et puis dans la télévision, il y a 40 ans, il y avait deux ou trois chaînes publiques et on venait juste de passer à la couleur. Souvenez-vous l'explosion des chaînes c'est 1980 c'est très récent. Aujourd'hui, le monde a bien changé. Même le mobile, ce n'est plus qu'une application parmi d'autres. Il y a même des gens dans les intervenants qui disent "Le téléphone, surtout je ne m'en occupe pas". Aussi parce que tout simplement, il y a plein de façons de se parler à distance, regardez c'est ce qu'on est en train de faire là, avec cette conférence et puis vous avez Skype, vous avez WhatsApp, vous avez Viber, Join me, j'en oublie plein, mais il y a plein d'applications. Sur les images c'est pareil, les jeunes aujourd'hui passent plus de temps devant leur ordinateur que devant la télévision. En même temps, la soif d'images n'a jamais été aussi grande. Après, on peut discuter du choix des images, mais le succès de Game of Thrones ou de choses comme ça montre bien que les gens regardent les images, mais ne la regardent plus du tout de la même façon. En fait, ce qui s'est passé c'est que tous les acteurs de ce système ont beaucoup changé ou ont même complètement changé. J'ai commencé ma carrière, c'était la DGT, la Direction Générale des Télécoms, du ministère des PTT aujourd'hui hui c'est une société qui s'appelle Orange, qui est cotée ; mais surtout rappelez-vous, elle doit ce nom Orange, tout le monde a peut-être un peu oublié, c'était un monsieur qui avait inventé ça, Hans Snook, et qui était un adepte du feng shui. Ça n'avait rien à voir avec les ingénieurs et certains dans la salle. Il y avait des noms, des grands industriels, j'en ai noté : ITT, Siemens, Alcatel. Ça a laissé la place à Apple, Samsung, Huawei et puis aussi à des acteurs du logiciel comme Google et puis à des acteurs qu'on a eu du mal à définir donc aujourd'hui on parle de plates-formes : Facebook, LinkedIn. Le paysage est complètement bouleversé, mais les besoins sont toujours là. Ce sont les questions qu'on a. Est-ce que le grand chambardement va-t-il se stabiliser ? Après tout c'est comme un tremblement de terre. J'ai été il y a un mois au Japon, j'ai été accueilli par une geek qui dit "ben voilà, vous savez, il y a des tremblements de terre au Japon. Vous savez hier on en a eu un qui était d'une telle force que les assiettes ont tremblé dans la maison". Après, elle a dit, deuxième sujet : "Attention au Japon vous avez aussi les tsunamis, il faut faire très attention" et troisième sujet, après, c'est : "Les suicides, vous savez que le Japon a le plus fort taux de suicides, et vous savez quand ils arrivent ? En mars". Je vous dirai après la conférence pourquoi c'est en mars. Alors, est-ce que ce chambardement va se poursuivre, va se stabiliser ? Alors, on a souhaité faire le point sur le nouvel écosystème et notamment les deux associations nous ont beaucoup poussés et aussi m'ont beaucoup aidé. Il y a quatre intervenants qui en fait ont des expériences très variées qui sont tous très différents tous les quatre, mais ils ont tous passé du temps, des préoccupations, leur passion vers le numérique et je pense qu'on va avoir plusieurs points de vue très différents et c'est l'intérêt qu'il y ait un dialogue et qu'il y ait des échanges et c'est des différences que connaissent finalement une meilleure information. Je vais vous présenter très rapidement les quatre, déjà au moins que vous les voyez : il y a Alain Vallet, qui enseignant-chercheur à Télécom Paris Tech et qui va nous parler principalement des plates-formes numériques qui sont plus jeunes ;
Luc Julia, qui est directeur du centre d'innovation de Samsung. J'espère que c'est le bon titre, j'ai vu quelque part que c'était le vice-président, qui va nous parler d'objets connectés, mais en fait aussi, vous allez voir, de plates-formes. Et Philippe Larédo, qui lui est le fondateur d'Option Service et qui est membre de Forum Atena, un membre du Conseil d'administration. C'est un entrepreneur qui va nous parler de son projet le plus récent parce qu'ils ont toujours plein de projets. Celui-là, c'est "video leave", la vidéo sur IP. Et enfin Pierre-Jean Benghozi qui est, comme on a dit tout à l'heure, professeur à l'école polytechnique, mais il est aussi collégien puisqu'il est membre du Collège de l'ARCEP, n'est-ce pas, et qui présentera les nouvelles bases finalement des business models des infrastructures et des services numériques. Je vous rappelle les règles du jeu c'est qu'une intervention doit durer de 12 à 15 minutes, à peu près. Ensuite, des questions entre vous bien sûr et puis aussi des questions de la salle. J'en ai préparé, mais j'espère bien ne pas les utiliser. La table ronde s'offrira par un petit pot léger, amical avec un sponsor Setics en fait, qui est ma société c'est pour ça qu'il y a la pub, ils m'ont demandé d'apporter ça, qui est dans une société de conseil et d'ingénierie en infrastructures numériques. Alors, le premier intervenant Alain Vallet a passé l'essentiel de sa carrière dans le dans le secteur des télécoms, chez les opérateurs, des départements stratégie, réorientation. Depuis quelques années, ce doit être 2007, il est enseignant-chercheur à Télécom Paris Tech et il a notamment contribué au lancement de la chaîne innovation et régulation qui préside le Comité. Je vais donc lui passer la parole pour 12 à 15 minutes et il a même un micro et ça marche, voilà extraordinaire quand même ! Merci la logistique, fourni par la famille Larédo d'ailleurs et l'ISEP pour le dur.
Depuis quelques années, en effet, je pilote une chaîne d'enseignement et de recherche qui est commune à l'école polytechnique et à Télécom Paris Tech et qui s'intéresse à l'innovation et à la régulation des services numériques. Lorsque les organisateurs de cette conférence, que je remercie de m'avoir invité, m'ont proposé de participer à cette conférence il était question de chambardement, d'acteurs bouleversés un peu dans tous les sens du terme, de valeur accaparée, je crois que c'est quelque part dans la présentation, j'ai proposé de venir vous parler un peu des plates-formes numériques et du jeu sur la valeur liée au développement de ces plates-formes numériques. À ce moment-là, je ne pensais pas être autant dans l'actualité qu'aujourd'hui. Le 11 juin dernier, donc ça ne fait pas très longtemps, Uber plate-forme numérique, que tout le monde a entendu parler récemment, était donc condamnée pour activités illégales de taxi, condamnée à 800 000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis. Je pense que ce n'est pas ça qui va faire bouger beaucoup Uber, mais enfin en tous les cas ils ont été condamnés. Hier Hitch, autre plate-forme numérique de VTC, sur un créneau différent de celui de Uber, mais également devant la justice et probablement même motif, même punition. Et aujourd'hui même, la presse révèle que depuis plusieurs mois, il y a une instruction en cours à la demande d'une association qui s'appelle AhTop, Association des hébergeurs et de tourisme professionnel. Et qui a attaqué l'ensemble des plates-formes qui proposent des hébergements sur son site : Airbnb, Homeaway, Expedia. Et qui donc les a attaqués sur une liste de motifs assez importants. Au centre de tous ces conflits et qui sont parfois violents, on l'a bien vu en ce qui concerne les VTC et les taxis, il y a évidemment la question de la valeur donc la valeur liée à l'économie numérique, valeur crée selon les uns, valeur aspirée voire confisquée suivant les autres au moins il est question de nouvelle répartition de la valeur le long de la chaîne de valeur. Donc c'est un petit peu de ça dont je voudrais vous parler aujourd'hui. Alors pour vous en parler, je pense qu'il faut revenir un peu à des fondements sur ce qu'est une plate-forme numérique, quels sont les attendus économiques qui sont liés à leur développement et éventuellement quels sont les problèmes de régulation et de concurrence qu'elle pose. Qu'est-ce qu'une plate-forme ? Le concept n'est pas nouveau. Les femmes d'Alexandre Vialatte vous diraient que ça remonte à la plus haute-antiquité. Certains chercheurs ont signalé qu'il existait des plates-formes du genre de celles dont on va parler tout de suite, qui s'occupait d'assurance pour les affréteurs dans la Grèce antique. Et ce n'est pas nouveau. Sauf qu'avec le numérique, il y a un certain nombre de choses qui sont nouvelles. Avec le numérique en général, le coût de production des services, mais aussi des biens est à la baisse. Et le coût de production marginal tombant à zéro, le coût de leur distribution tend vers zéro. Quand ce n'est pas à la fois le coût de production et le coût de distribution de ces services. Regardez ce qui se passe dans la photo numérique et ensuite, la photo argentique. Et en ce qui concerne les plates-formes numériques, le coût marginal de mise en relation parce qu'on va voir qu'effectivement, c'est peut-être en numérique, c'est essentiellement de la mise en relation. Le coût marginal de la mise en relation entre une offre de services et une demande de service, le coût marginal est quasiment nul. Donc c'est ça la grosse différence parce qu'un certain nombre de business models nouveaux ont pu se créer sur la base de cette évolution. Alors en principe, ce sont les principes strictement économiques, une plate-forme, c'est un marché biface. Alors on a progressé en matière d'analyse économique des plates-formes grâce notamment à notre prix Nobel Jean Tyrol qui travaillait sur les plates-formes en début des années 2000 et sur la question des marchés bifaces. Pas seulement d'ailleurs Jean Tyrol, mais Télécom PariTech, un certain nombre de chercheurs ont travaillé sur les plates-formes numériques, ont contribué au rapport de France stratégie sur le sujet. Donc il s'agit d'un marché biface. C'est-à-dire que mise en relation entre deux marchés, entre, disons on va dire une offre et une demande qui ne pourraient pas sans concrétiser de façon efficace sans les plates-formes. Je vais remonter un peu plus loin quand le président de TF1 à l'époque avait parlé de la minute de cerveau disponible, c'était pour illustrer ce qu'est un marché biface en termes de télévision. Pour lui, il n'était pas essentiellement quelqu'un qui achetait des programmes pour les revendre. Il était quelqu'un qui achetait des programmes pour les revendre à condition qu'une autre phase du marché intervienne pour financer l'ensemble du dispositif. Et petit à petit, son souci n'était pas l'offre et la demande de programmes audiovisuels, mais était la capacité qu'il aurait à financer l'ensemble par la publicité. C'est bien ça le cerveau disponible vendu à Coca-Cola puisque c'était l'exemple qu'il avait pris. Voilà ce que c'est qu'un marché biface. Les offreurs et demandeurs qui se rencontrent sur ce marché donc vont réaliser des transactions entre eux. La plate-forme qui est entre les deux n'est pas forcément un distributeur. Elle peut à un moment ou à un autre être un distributeur, mais elle n'est pas forcément un distributeur, c'est la mise en relation qui au départ de la valeur de la plate-forme.
Dernier point. Chacun des côtés de ce marché donc biface valorisent le niveau de participation de l'autre côté du marché. Un exemple que vous connaissez bien parce que je crois que vous avez vu Yvette (inaudible) dans une conférence précédente, c'est celui donc de l'hôtellerie. Quand vous avez une plate-forme de type Booking ou de type Expédia, l'intérêt de celui qui cherche une chambre d'hôtel à tel ou tel endroit, c'est d'aller voir sur une plate-forme il a une offre d'hôtel extrêmement large. L'intérêt des hôtels qui vont accepter d'être distribués via la plate-forme, c'est d'être assuré qu'ils auront effectivement une audience la plus large possible de manière à augmenter la probabilité de remplir leurs hôtels. Donc le niveau de transaction, la transaction se fait, la plate-forme se construit. Les transactions se font en fonction de la valorisation que chacun des côtés du marché biface se fait de l'autre. Ce sont ce qu'on appelle les effets de réseaux croisés. Et ces effets de réseaux croisés sont caractéristiques des marchés de plates-formes. J'ai parlé de mise en relation, j'ai parlé de transactions, ce n'est pas très nouveau mis à part le fait que je déduis les le coût marginal de mise en relation était proche de zéro. C'est qu'en général ces plates-formes-là se construisent sur la base de compétences spécifiques. Ce n'est pas simplement mettre en relation, c'est mettre en relation avec un plus qui fait une bonne partie de leur valeur. Dans ce plus, ça peut être un algorithme. Google par exemple. Ce plus ça peut être la collecte de données et l'analyse de ces données collectées, données sur les utilisateurs de la plate-forme, sur leurs caractéristiques individuelles. Ça peut être une recommandation, les recommandations de type Tripadvisor pour ce qui concerne les hôtels. Et puis, cela peut être une compétence impalpable, immatérielle qui est la confiance que vous accordez à la plate-forme à travers laquelle vous allez faire votre transaction. Donc l'intérêt des uns et des autres, des deux participants, des deux faces participant à ce marché, c'est essentiellement de réduire comment je peux aller en arrière là-dessus. Et c'est une source importante de la valeur des plates-formes, parce qu'on parle de valeur. C'est la capacité qu'ils ont à faire baisser considérablement le plus possible les coûts de transactions. Si vous êtes à la recherche des chambres d'hôtel, vous pouvez téléphoner à tous les hôtels de la place les uns après les autres, demander s'il y a de la disponibilité, demander le prix de la chambre et puis revenir ensuite vers celui, qui vous fait la meilleure proposition. Si vous passez par la plate-forme, vous avez quelques clics avant de trouver un thème qui vous intéresse. Idem du côté des agents qui proposent leurs chambres, ils peuvent envisager de faire des campagnes de publicité un peu partout sur toutes les formes. C'est quand même plus rapide pour eux d'apparaître sur le site de Booking ou d'apparaître sur le site d'Expedia. Donc première source de valeurs et premier déplacement même de valeur le long de la chaîne des valeurs éventuellement, c'est celui des coûts de transaction. Alors, ces coûts de transaction dont je parle n'étaient pas forcément des coûts de transaction qui étaient visibles ou évaluables ou repérables. Le consommateur qui téléphone à tous les hôtels, qui passe beaucoup de temps à repérer son bon hôtel, quand il va récupérer ces coûts de transactions là, il va avoir récupéré du temps qu'il sera difficile à évaluer sur Excel. Voilà alors quelles sont les caractéristiques économiques des plates-formes ? D'abord, on va rencontrer des structures de prix qui vont être très asymétriques. Elles peuvent être symétriques éventuellement, mais elles sont le plus souvent très asymétriques. C'est gratuit du marché biface. C'est payant pour l'autre. Je reprends toujours le même exemple des hôtels, vous êtes client, vous ne payez rien. Vous êtes l'hôtel, vous allez payer une commission parfois très élevée la plate-forme. Et c'est ça qui va vous faire vivre. Ensuite, les effets de réseaux, autre problème important quant à la valeur et quant au déplacement de la valeur sur la chaîne de valeur. Les effets de réseaux croisés vont générer des économies d'échelle qui vont tendre la plupart du temps à la constitution de grandes firmes. Avec un phénomène de position dominante voire un phénomène comme on l'appelle, c'est-à-dire que la plate-forme dominante qui aura pris position de leader sur ce marché va ramasser l'ensemble du marché et ce qui va avec. Enfin bon moi, je passerai là-dessus, mais sur un marché biface, ce qui se passe en termes de concurrence d'un côté du marché a une influence sur ce qui passe de l'autre côté du marché. Je continue. Alors, ces plates-formes-là ont un certain nombre de fonctions économiques intéressantes que reconnaissent même ceux qui rouspètent après le fait que la valeur de leur business ait été inspirée par cette plate-forme. La première, c'est que les plates-formes révèlent un état du marché latent. Exemple des taxis par exemple et des VTC, là, le marché était contraint par une réglementation et par un malthusianisme ancestral on va dire. Et l'arrivée des VTC a révélé au niveau du marché, l'existence d'une demande importante de transports, soit à des heures différentes de la disponibilité des taxis. C'est que Nietzche par exemple, il est intervenu, soit à des prix et à une disponibilité différente de celle des taxis. Les effets sur la chaîne de valeur quand vous êtes quelque part sur cette chaîne de valeur, les effets de l'arrivée de ces plates-formes ne sont pas d'autant plus importants que votre positionnement était lié au fait que vous déteniez une information. Si vous perdez cette information au bénéfice de la plate-forme vous perdez une importante valeur. Par exemple des valeurs de votre marque, une importante valeur dans votre positionnement. Dernier point ou presque, quels effets sur l'investissement ? Alors ça, c'est un débat qui intéresse beaucoup les opérateurs Télécom versus (inaudible), ils en parlent beaucoup. Cela intéresse aussi beaucoup les hôteliers. Parce que si effectivement toutes les plates-formes avalent les marges, ça, pour l'instant, d'accord. On le dit très bien, à terme, est-ce qu'il leur restera assez d'argent pour investir dans l'immobilier ? Puisque c'est ça leur fonds de commerce, investir dans l'immobilier qui incite à la fois de l'investissement et de la rentabilité d'investissement extrêmement différent de celui des plates-formes. Question : quels effets à long terme sur l'investissement ? Et enfin dernière chose qui agite, c'est vraiment la dernière chose qui agite beaucoup les acteurs bouleversés par l'arrivée des plates-formes, c'est la question de la concurrence loyale. Est-ce que la concurrence entre les gens qui ont monté des plates-formes et des gens qui voient leur business menacé par cette plate-forme est une concurrence loyale. La question de la position dominante, c'est important. Avec les effets à long terme de captation, et cetera. La question de la dépendance économique envers un distributeur qui serait la plate-forme. Donc là, si vous êtes dépendant de la plate-forme, vous n'êtes plus maître ni de votre offre ni du prix de votre offre. Le statut des producteurs, extrêmement important également, les chauffeurs VTC ne sont pas salariés, ce sont des entrepreneurs individuels, et donc vous avez aussi un Switch dans la chaîne de valeur entre à la fois le risque que vous prenez en tant qu'entrepreneur, et puis le coup, les recours à cette main-d’œuvre. Et enfin un thème, battu et rebattu en ce moment avec ses grandes plates-formes numériques, c'est la question de la fiscalité, de la fuite vers l'Irlande du chiffre d'affaires imposable, et cetera, et cetera. Donc tout ça ce sont des sources, c'est un jeu sur la valeur introduit par les plates-formes numériques, des sources de déplacement de cette valeur voire de disparition ces valeurs qu'il serait peut-être intéressant de débattre. Voilà je m'arrête là.
Merci beaucoup. Vous pouvez l'applaudir. Merci beaucoup Alain. Je crois que c'était un exposé très clair sur ce sujet mouvant des plates-formes. Donc je vais donner la parole à Luc Julia. Alors en fait comme les titres, moi j'ai trouvé dans un journal, vous voyez c'est Les Échos, il y a marqué Luc Julia : l'électron libre français de Samsung. Et puis un sous-titre : ce Français dirige le centre d'innovation du groupe coréen, situé en Californie, l'homme qui a notamment développé Siri pour Apple est un renfort de poids. Voilà. Et je vois que vous avez fêté vos 50 ans il n'y a pas très longtemps. C'est très jeune. Voilà. Donc je vous laisse la parole pour donc 12 minutes, un quart d'heure, de façon à ce qu'on puisse avoir un peu de temps après.
On va aller vite.
Vous allez à votre vitesse.
On va aller vite, on va parler d'une plate-forme aussi. Il faut que je fasse Play.
Parlez plus près.
Oui donc je vais me balader un peu, mais je n'ai pas trois mains donc je vais essayer avec deux. Moi je vais vous parler d'une plate-forme aussi, mais d'une plate-forme (inaudible), donc qu'on a développé pour collecter les objets connecter. D'accord, et pour jouer avec des objets connectés. Et je vais vous parler de cette plate-forme parce que je vais amener un petit peu de polémique juste pour le fun, et expliquer pourquoi aujourd'hui ces plates-formes telles qu'elles sont ne marchent pas d'après moi. Donc au début il y avait des choses, des objets. C'était dans leur unité on va dire. Et ils faisaient des trucs. Une machine à café fait du café, et puis bon voilà. Ils font des trucs qu'est-ce qu'ils font, ils font les trucs dans leurs silos d'accord, et ils font leurs propres petits machins. Et puis il y a, on va dire, une vingtaine d'années, mais on va dire plutôt maintenant huit ans, neuf ans, il y a des gens qui ont dit "Ah ça serait super si on est connecté à Internet". Et alors là, et c'est ça commence assez mal, c'est pourquoi ? Est-ce que ça va vraiment être mieux de connecter les trucs à Internet ? Alors quand je regarde les plates-formes aujourd'hui, ma réponse est non. Alors évidemment je fais les objets connectés vous allez me dire je suis malade de dire ça. Mais c'est justement pour ça que je suis ici c'est parce que je suis malade. Donc ça ne sert à rien de connecter des objets, pourquoi. Parce que aujourd'hui ce qu'on nous propose c'est du Data Storage, donc en gros on va connecter quelque chose qui va envoyer (inaudible) dans le Cloud. Je vais vous dire pourquoi ça ne sert à rien juste après, aujourd'hui. Et puis une autre chose que ça fait de connecter les objets ça fait du remote controle. Alors si vous avez joué avec ces objets connectés déjà avant, c'est super rigolo de prendre un truc comme ça et puis de pouvoir allumer vos lumières et éteindre vos lumières. Bon vous l'avez fait cinq fois, après ça vous a fatigué, vous allez reprendre l'interrupteur et ça va marcher très bien comme ça. OK. Donc en gros la valeur ajoutée de la connexion Internet égale à 0. Alors ce n'est pas ce n’est pas bon pour mon business ça ! Mais bon la réalité c'est que si on pouvait vraiment jouer avec les Datas, ça serait peut-être sympa, mais quand on regarde la réalité aujourd'hui, alors je prends le fitbit comme exemple. Normalement avec ma troisième main je montre mon fitbit que j'ai ici dans ma poche. J'ai un fitbit depuis cinq ans sur moi. Je suis sûr que je suis le seul bouffon dans cette salle qui a un fitbit depuis cinq ans sur lui. La plupart des gens qui ont des Fitbits après trois mois et demi ou quatre mois en fonction des études, ils les jettent. OK, ils les mettent à la poubelle, ils les mettent dans un placard et ils les oublient. Moi je porte le mien et je vous dirai pourquoi tout à l'heure. Parce que j'utilise ma plate-forme pas celle des autres. Donc fitbit comme je l'ai dit ça ne marche pas quoi ces Datas on n'en fait rien, parce qu'après quelques jours seulement on se rend compte exactement de ce qu'on fait et ça ne nous apporte pas vraiment d'informations. Tout ce qu'on nous sert à propos des analytics. En fait quand on va prendre ces Datas on va faire des trucs super et tout ça, bah aujourd'hui ce n'est pas vrai. D'accord ! Aujourd'hui les Datas sont complètement inintéressantes. On va voir comment on va fixer ça peut-être, j'espère. Et puis mon dernier point, je vous vous parler de moi et je vais vous parler de ma maison. Dans ma maison j'ai 205 devices connectés. Dont ce fitbit dont je parle. OK ! Pourquoi j'ai 205 objets connectés si ça ne marche pas. Je vais vous montrer pourquoi, parce que chez moi ça marche. Alors donc conclusion : aujourd'hui, et c'est je vais rentrer un peu dans la polémique je suis excité, donc créer ces objets connectés, sauf que ça fait d'autres silos. D'accord ! Donc ça fait des silos plus hauts, peut-être plus jolis, bon mais ça ne fait rien. Alors qu'est-ce que c'est la vision ? La vision c'est de dire, je ne sais pas s'il y avait de l'animation, mais il y avait une super belle animation qui aurait être là, avec tous les objets qui se mettent à se connecter entre eux, avec des comment on appelle ça, des systèmes de connectivités complètement différents, (inaudible) Bluetooth, vous les nommez n'importe quoi, même ceux qui n'ont pas été encore inventés on devrait pouvoir les connecter et puis ils vont tous travailler pour moi, et c'est ça va être super. D'accord ! C'est ça la vraie vision. La vraie vision des objets connectés c'est la vision de l'assistant, d'accord ! Ces objets-là ils sont pour vous assister, ils sont pour vous aider. Ce n'est pas vous qui allez assister les objets ou aller chercher d'une manière painfully, difficile, les Datas et les applications. Bon bref donc ça c'est la vision, ça serait super si on pouvait faire ça. Et ma définition de IOT, au lieu d'être Internet of things, ça va être interoperability of things. C'est-à-dire que c'est vraiment pour que les choses se jouent ensemble et puis se jouer pour moi encore une fois avec cette idée d'assistant. Alors le problème c'est que comment on va faire ça. D'accord ! Alors c'est mon slide préféré. La réalité aujourd'hui c'est qu'il n'y a pas de langage commun. D'accord ! Donc l'espéranto, vous public français vous savez ce que c'est l'espéranto. Quand je fais cette conférence ou un truc similaire aux États-Unis, les Américains ne savent pas ce que c'est l'espéranto. Donc ce slide-là il tombe un peu à plat, mais nous on sait que l'espéranto c'est quelque chose qui a été inventé dans les années 1880 par un brave Polonais, qui avait une vision qui était exactement la vision du slide précédent. D'accord ! Qui était tout le monde va parler ensemble, ça va être super on va avoir un langage commun et puis on va tous être copains, et ça être magnifique. D'accord ! Donc ça, c'est l'espéranto. Le truc c'est que l'espéranto aujourd'hui, vous savez combien il n'y a personne qui le parle dans le monde, vous avez une idée ? Pas beaucoup ou peu. La conclusion c'est que vous vous savez que vous ne parlez pas espéranto. Et donc personne ne parle espéranto globalement, il doit y avoir trois cents mecs dans le monde qui le parle. Donc ça ne fait pas beaucoup par rapport aux quelques milliards qu'on est. Et donc ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire qu'il n'y a pas de standard. C'est se résumer surtout face à des gens qui font potentiellement de la régulation, il n'y a pas de standard, le standard n'existe pas. Le langage commun n'existe pas. Vous allez me dire "Mais s’il y en a plein des standards, regardes tu prends une prise de courant, tu vas chez toi ou chez moi ça marche. " "Oui je vais chez toi ou chez moi ça marche, je vais en Angleterre ça ne marche plus, je vais au Japon ça ne marche plus, et cetera. " Il n'y a pas de standard, il n'y a pas langage commun, ça n'existe pas pourquoi. Pour une raison simple, c'est les Égaux. D'accord ! Aussi bien le nationalisme, pour les langues, que les Égaux de marques, les marques toutes seules ne veulent pas partager les choses ou alors quand on crée un standard on va vouloir créer un standard qui est toujours mieux que celui du standard d'à côté. Alors ça ça ne veut rien dire ce que j'ai dit parce que justement ce n'est pas des standards. Vous prenez (inaudible) par exemple qui était fait dans les années 2000, (inaudible) c'était super, c'était un truc qui vous permettait de balancer des vidéos d'un appareil à un autre, de pouvoir les jouer, et cetera, c'était magnifique. Aujourd'hui il y a sept (inaudible) différents. Donc il n'y a pas de (inaudible). OK ? Bon vous avez compris le point, je crois. Il n'y a pas de problème. Donc comment on va faire ? Alors on va faire un peu de philo d'abord. Donc pour commencer on va dire bah il ne faut pas le dire comme ça en français, je vais le dire autrement. C'est embêtant, ça ne marche pas. En bas c'est l'enfer d'accord. En bas, ce que j'appelle en bas c'est ici notre bas monde, d'accord ! Le monde on essaie de faire des standards, on essaie de faire en sorte que les objets se parlent entre eux. Ça ne marche pas. OK. C'est l'enfer, ça ne marche pas. Donc si en bas c'est l'enfer on va dire qu’en haut c'est le paradis. Alors ça veut dire quoi ça qu'en haut c'est le paradis. Ça veut dire qu'on va tout coller dans le Cloud. Donc on va tout coller dans le Cloud, je crois que je vais passer un peu vit là, mais ce n'est pas grave. Ça veut dire quoi. Ça veut dire que ces objets dont on parle au début c'était en fait des objets Internet aussi, donc ils étaient censés être connectés à Internet. S'ils sont connectés à Internet ils sont potentiellement dans le Cloud. Ou au moins ils ont une représentation dans le Cloud. Donc on peut les connecter ces trucs-là, on va pouvoir les faire monter là-haut. Donc ils vont avoir une représentation dans le Cloud, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la représentation ce n'est que du Data. Si ce n'est que du Data ça va être fastoche de les représenter et même ceux qui ne sont pas encore alimentés on va pouvoir les représenter, parce que de toute façon la représentation qu'on va choisir elle va être quelque chose qui va être complètement virtuelle et complètement, pas physique justement, et c'est la différence qu'il y a entre en haut et en bas, c'est qu’en haut on n'est pas physique. Donc ce n'est que de la Data donc si ce n'est que de la Data c'est facile de connecter, et c'est facile de connecter pourquoi, parce que pour faire des transferts de Data, de structures, d'infrastructures, et cetera, ce ne sont que des morceaux de Software. Donc en gros ce que je suis en train de vous dire c'est que si vous connecter virtuellement les objets, en haut dans le Cloud, par transitivité ou vous appelez ça comme vous vous voulez, je ne sais pas, projections, ils vont être connectés aussi en bas physiquement. Donc ce n'est pas la peine qu'ils se connectent entre eux en bas, parce que de toute façon on n'arrive pas à s'y mettre et à s'y coller ensemble, donc on va les faire se connecter en haut, parce que ça, c'est fastoche tout le monde peut le faire même sans l'autorisation des objets eux-mêmes. On verra ça tout à l'heure peut-être. Mais c'est le point philosophique que je voulais faire ici. Alors en général j'ai trois questions. Dans les trois questions, il y en a une qui m'énerve, donc je vais attendre qu'on me la pose, et puis je vais vous poser les deux autres. Donc la première question c'est (inaudible). Si tu envoies tout sur le Cloud c'est lent. Il faut envoyer le truc, machin, ça fait des trucs là-haut, ça redescend, c'est très lent. Oui c'est plus lent. Mais ça marche. C'est-à-dire que si vous augmentez un interrupteur avec une fonction IOT d'Internet, l'interrupteur allumé il est toujours là, de toute façon il va faire sa fonction sur la terre il va continuer à la faire. Donc quand vous allez appuyer sur le bouton ça va continuer à allumer la lumière. Maintenant si vous avez programmé un truc IOT qui va vous faire que cet interrupteur il va se déclencher, que la température est égale à 72 degrés, et qu’il y a quelqu'un dans la maison et que le frigo est vide, ça c'est une fonction Internet IOT qui marchera plus ou moins vite, certaines vont beaucoup moins vite que si vous vous appuyez sur le bouton. Mais en général aujourd'hui ce qu'on constate c'est que de toute façon à (inaudible), donc ce délai, il est inférieur à 500 millisecondes pour des roundtrips ou pour des parcours entiers sur Internet. Donc en gros ce que je suis en train de vous dire c'est que vous n'allez pas vous amuser à changer les devices que vous avez aujourd'hui, qui marchent très bien, vous allez les augmenter, et quand vous les augmentez, accepter une (inaudible) de moins de 2 000 secondes c'est tout à fait correct. Deuxième question sécurité. Sécurité, oui, mais c'est super dangereux, il y a des méchants qui vont pouvoir regarder ce qui se passe entre ton interrupteur et ton frigo, et le Cloud, et donc il faut fixer ça. C'est vrai, c'est un problème. Il y a des solutions aujourd'hui, des solutions on les connaît tous, CTPS, TLS, et cetera, c'est ce qu'on utilise pour les banques en line par exemple. Vous avez tous des comptes en line sur vos banques, et les sous c'est le truc le plus important du monde, donc si on fait confiance à ces protocoles pour nos sous on peut faire confiance à ça aussi pour nos frigos. Bon on peut toujours débattre de ça. Troisième question. J'attends, est-ce qu'il y a quelqu'un qui a une question et qui lui démange vraiment, un truc ? Non. Je vais la faire, mais elle m'énerve beaucoup. C'est le non-Internet. Et le Monsieur s'il n'a pas Internet ? Alors s'il n'a pas Internet je recommande une chose, je lui recommande déjà de lire le sujet. Le sujet c'est Internet of things. Donc si les things n'ont pas Internet, je m'en fous ! Donc s'il n'a pas Internet ce que je lui conseille c'est d'appuyer sur le bouton et d'allumer une bougie. Alors pourquoi je dis ça ? Parce que qu'est-ce que vous faites quand vous n'avez pas d'électricité ? Vous allumez une bougie, très bien. Alors, faites pareil avec Internet. Si vous ne l'avez pas vous allez une bougie parce que de toute façon, rappelez-vous, les objets qui sont Downstairs là, qui sont en bas qui font leur fonction, elles continuent à faire leurs fonctions même quand il n'y a pas Internet. Le bouton pour allumer la lumière il continue à marcher. Maintenant le bouton qui faisait 72 degrés, frigo, machin, tout ce que j'ai tout à l'heure, lui il ne marche plus. C'est normal il n'y a pas Internet. C'est OK vous allez survivre ! Bon. Donc ça cette question j'aime bien quand on me la pose en vrai parce que c'est encore plus rigolo peux casser le gars. Donc vite fait juste pour vous dire ce qu'on a fait, parce que tout ça pour dire, une minute. En gros on a fait une plate-forme qui fait exactement tout ça, qui s'appelle Article Cloud, qui est un machin qui est disponible de manière commerciale depuis à peu près deux mois, et en gros pour les programmeurs c'est plein d'API, de SDK, si vous ne comprenez pas ce que ça veut dire ce n'est pas grave, mais c'est plein de trucs rigolos pour que vous puissiez connecter n'importe quel objet. Un objet pouvant être un objet physique ou un objet aussi comme un Cloud, un Cloud est un objet pour nous. Donc vous pouvez connecter tout et n'importe quoi de manière secure. Et puis vous pouvez surtout créer ce que j'appelle les Brains. Les Brains c'est les machins qui vont aller travailler sur ces Datas, parce que comme j'ai dit tout à l'heure le truc est cessé, c'est l'interopérabilité. L'interopérabilité c'est le machin qui va vous permettre de créer des applications et des services qui sont incroyables. Des trucs que vous ne connaissez pas aujourd'hui parce que vous ne connaissez plus les trucs qui viennent avec les applications comme celle du fitbit par exemple, qui ne sont qu’avec un type d'objets. Et un type d'objets c'est Boring, c'est chiant. Donc on vous donne plein de trucs pour faire tout ça, vous pouvez faire des applications extraordinaires, magnifiques. Et c'est ce que fait notre Cloud là. Alors on peut parler vite fait de la (inaudible), parce que c'est un truc important quand même. Nous on a une vision très simple de dire que les Datas n'appartiennent pas à Samsung, elles sont protégées par Samsung parce qu'on fait exactement comme une banque, et elles sont complètement contrôlées par les gens à qui les devices appartiennent. Mes 205 devices dont je parlais tout à l'heure c'est moi qui vais décider à qui je vais donner accès à ces devices, et en fonction du service qui va les réclamer. Si j'ai un service par exemple qui veut jouer avec mon fitbit et mon nest, je vais dire ce service-là je vais lui donner accès à mon fitbit et mon nest. C'est moi qui décide exactement ce que je veux. J'ai le full power évidemment toutes les transactions comme je disais tout à l'heur et sont en crypté. Bon c'est tout ce que je voulais dire pour l'instant, je crois.
Merci beaucoup Luc. Applaudissez là, c'est American Show. Vous avez bien raison, c'est la présentation. Alors je vais donner la parole maintenant à Philippe Laredo, déjà qui assure la retransmission électronique, je dis sur le Soft d'ici, puisque la logistique hard, c'est nos amis de l'ISEP, et Philippe Laredo est notamment enfin le dirigeant d'option service qui est une entreprise dans le secteur des télécoms, qui opère beaucoup en Picardie. Alors la Picardie c'est fini maintenant on parle des Hauts de France, c'est le sud des Hauts de France, ou le bas des Hauts de France, je ne sais pas comment on dit. Et en fait qu'est-ce qu'il a toujours fait ? Finalement il a fait des applications innovantes de hautes performances, à bas coût et toutes IP. C'est ce dont il va nous parler à l'instant, il a douze à quinze minutes pour le faire. Merci beaucoup.
Bonjour. Bonjour à ceux qui nous regardent de Picardie justement. Eh ben oui ça existe encore la Picardie. Malgré tout. Donc en fait je suis ce soir pour vous parler d'un projet qu'on mène actuellement, qui est constitué sous forme de sociétés qui s'appelle vidéo live, et c'est un projet qu'on a bâti autour de l'idée que les vagues successives de l'irruption de l'IP dans les technologies anciennes, provoquent ce qu'on a dit tout à l'heure des transferts de valeur, et cetera. Donc j'ai participé au mirage de la voix sur IP par exemple, je ne sais pas si vous vous souvenez, l'Eldorado on allait se goinfrer des deux cents milliards d'euros de chiffre d'affaires de la voix, et à la fin c'est devenu un tout petit machin en fait plus personne ne gagnait de l'argent. Alors le nouveau challenge c'est l'irruption de l'IP dans le monde de la vidéo et de la télévision. C'est ce que j'ai appelé, alors s'il y a des puristes au niveau du langage IP, TV et autres, moi ce que j'ai mis derrière ça c'est l'idée la technologie IP dans toutes les technologies vidéo va provoquer des bouleversements, et, puisque c'est le thème de ce soir, j'ai appelé ça a un New Deal et une multitude d'opportunités pour de nouveaux acteurs. Bon ça c'est pour se faire plaisir, c'est un petit slide qui montre qu'en fait on veut se positionner, grâce à la vidéo et aux téléconférences qu'on fait avec, téléconférences télévisuelles et interactives, on veut montrer qu'aujourd'hui c'est typiquement bien adapté pour cette économie de la connaissance, qu'un certain nombre d'acteurs parlent et qui pour nous est la sortie de crise totale. Puisque vous pourriez assister à d'autres conférences qui vous expliquent que l'économie de la connaissance est illimitée, infinie. Alors on est parti, enfin je suis parti avec mes actionnaires et les partenaires sur l'idée que les technologies IP amènent une simplification et une productivité accrues dans le monde de la vidéo. Donc première chose évidente c'est que du coup on fait ce qu'on est capable de faire ce soir, c'est-à-dire d'acquis d'acquérir, de transcoder et de diffuser des contenus vidéo en tout IP. Ça, c'était une première chose tout le monde connaît les Webinar, les Web TV, et cetera, et cetera. On a croisé ça avec une autre logique qu'on a constatée actuellement, c'est qu'on a un réseau absolument incroyable par exemple qui s'appelle (inaudible), et ce réseau (inaudible) est payé, fonctionne et pour autant on ne s'en sert pas pour transmettre vraiment de la vidéo au sens IP, TV et au sens réseau de télévision privée. C'est un peu ça l'idée. Alors pourquoi ? Peut-être aussi parce que la technologie multicast jusqu'à présent, 2003, elle n'était pas adaptée, ce n'était pas les bonnes solutions, c'était très compliqué d'échanger des flux vidéo pour prendre l'exemple de l'éducation nationale entre une région et une autre. J'ai une conférence en Picardie je veux la transmettre dans le Nord-Pas-de-Calais, et il faut interconnecter les plates-formes, enfin c'est la galère absolument totale et ça ne marche jamais, et du coup on n'est pas du tout vers une solution tous azimuts que pour autant la nouvelle techno (inaudible) du Multicast va nous permettre de faire. Puisque c'est multi sources et multi réseaux, on s'abonne au réseau de n'importe et on peut participer au contenu Multicast. Alors Multicast c'est bien, mais qu'est-ce qu'on voit ? C’est qu'aujourd'hui chaque opérateur, que ça soit privé au public, a son Multicast à l'intérieur de son réseau, et il est hors de question d'aller échanger avec le Multicast d'un autre même si c'est complètement irrationnel et anti- économique, puisque je vous donne un exemple si je diffuse une conférence en quatre mégas à destination d'une ville de cent écoles, ça fait donc quatre-cents mégas, eh ben je vais envoyer quatre-cents mégas de flux à partir chez moi à toutes les écoles de ce coin là. Si pour autant j'avais pu discuter avec l'opérateur en charge de ces écoles : Orange, SFR ou autres, et leur dire "Bah écoutez moi je vous envoie un afflux et vous vous débrouillez pour le multicaster, vous voyez tout de suite l'intérêt du système. C'est-à-dire je n'envoie pas quatre-cents mégas j'envoie quatre mégas. " D'accord ! Et on se rend compte de la puissance du système. Donc on a constaté ça. Et puis on a croisé par hasard une technologie, que tout le monde regarde avec un peu inquiétude sans vraiment comprendre en France, c'est ce qui se passe autour des box. Alors les box c'est un truc bizarre, c'est un truc d'opérateurs. Mais non, mais de toute façon ta box c'est Free, c'est SFR, c'est Bouygues, c'est machin, tu ne peux pas changer ça ce n'est pas possible c'est lié à l'abonnement Internet de façon indissociable. " Et qu'est-ce qu'on constate ? C'est que ce n'est pas du tout le cas. C'est qu'aujourd'hui il y a une multitude de box qui arrivent, qui peuvent remplacer totalement les box opérateurs. Et ça ça pose une question, j'imagine, que les intervenants de ce soir peuvent reprendre, c'est qu'on se retrouve à dire je vais utiliser le réseau de l'autre, donc on parle de l'OTT, mais y compris pour diffuser des services vidéo, des services de télévision, des services d'interphonie, des services de téléphonie, et cetera. Et pour autant le tuyau lui-même, à la limite ce n'est plus mon souci, puisqu’avec des tuyaux à cent mégas voire un Giga sur fibre on n'a plus de questions, c'est fini on a quitté l'ère de la pénurie on a l'air d'opulence maintenant, c'est l'ère de l'opulence. On a du tuyau et il faut les remplir. Et il faut des contenus. Donc on est parti sur le croisement de tout ça, et on est arrivé à l'idée suivante c'est qu'on pouvait utiliser ce qui existait, pour fabriquer des réseaux. C'est que je reviens sur l'idée, bon je prends l'exemple (inaudible), mais ça peut être le réseau SNCF, ça peut être le réseau RATP, ça peut être le réseau EDF, on s'en fout et on fait du transport de vidéo à l'intérieur de réseaux privés. du coup ça commence à devenir intéressant parce que si toutes les technologies s'effondrent, en termes de coût de fabrication, vous pouvez imaginer des grands groupes qui ont besoin de communiquer avec leur directeur, leur personnel et qui peuvent fabriquer des réseaux de télévision privés. Purement privés et diffuser leurs propres contenus à l'intérieur de leur propre réseau privé. Donc ça ça peut être vraiment intéressant. Alors les hôtels connaissent ça depuis longtemps, puisqu'ils savent récupérer des flux, encore qu’il y a une station par hôtel à chaque fois, satellites on récupère le flux du satellite, on le transforme en IP et on distribue dans les chambres. Nous on veut aller plus loin, on veut une seule tête de pont qui distribue à l'intérieur des réseaux, à nous et aux autres, des contenus. Et puis il fallait aller au-delà de ça, c'est-à-dire que diffuser des contenus vidéo on va me dire, mais qu'est-ce que vous innovez la ? Il n'y a pas d'innovation. Moi c'est ce qu'on me répond toujours. Et je dis, mais attendez l'innovation elle est dans la taille de ce qu'on fait. C'est-à-dire qu’avant être broadcaster TV c'était quand même un sacré niveau quoi, c'est des mecs ils roulent en je ne sais pas quoi, mais ça va ça, il y a de la maille, ça circule bien. Et on leur dit ben attendez on va faire la même chose que vous, mais beaucoup moins cher, et on va s'en servir pour autre chose. C'est-à-dire que moi je dis maintenant aux enfants qu'on a dans nos conférences on leur dit, jetez les télés chez vous ! De toute façon ils l'ont déjà fait, ils ont jeté la télé. Mais par contre à l'école on peut s'en servir de ce média-là, c'est un média complètement génial. Et pour autant la seule chose qu'on entend c'est gestion sans cerveau disponible pour de la pub. Moi je suis scandalisé. On a quelque chose qui est une technologie qui va nous permettre de révolutionner la diffusion des savoirs, et on n'est pas tous mobilisés pour ça. C'est que nous on s'est dit on va se battre pour ça et on va créer en plus des outils interactifs. C'est-à-dire faire que de la télé qui descend d'en haut, on va pouvoir avoir des flux de remontées d'informations. Alors on avait même été à une époque sur les histoires de capteurs pour rebondir sur ça on voulait essayer de remonter sur ce que les Anglais appellent arousal, ou disponibilité, et puis ma belle-sœur qui travaille au CNRS m'a dit "Fais attention ce mot-là ça peut vouloir dire aussi un truc un peu sexuel, donc il ne faut pas que tu utilises ce mot-là". Mais l'idée c'était ça, c'était d'essayer de capturer une espèce de réactivité des élèves, ce qu'un prof sent quand il est face à un auditoire. Si je vois que vous êtes endormis ou qu'il n'y a plus personne qui a des regards à peu près vifs, mais qui est très vitreux, je sais qu'il faut que j'évolue que je change mon propos. on est à distance, on ne les voit pas alors il faut pouvoir faire remonter ça. On avait pensé ça. Mais pour l'instant on se contente d'une interactivité forte, qui est largement au-delà de tapez un, tapez deux, tapez trois, pour virer le jeune de la télé-réalité parce qu'il n'est pas beau, non nous on veut aller beaucoup plus loin. On veut proposer des votes, on veut proposer des réponses et des questions que posent les gens, avec des systèmes experts qui sont capables d'analyser les questions, de les trier, de les classer, de donner la meilleure question possible, et cetera, et cetera, pour travailler au niveau des grands groupes, c'est ça qui est important c'est que tout notre travail ce n'est pas la visioconférence, qui est très bien on ne conteste pas, c'est de la conférence télévisuelle à destination de grands groupes. Alors ce qui est très intéressant c'est que du coup on assiste à ce que je disais, dissociation des box et des abonnements vers Internet. Ce que j'appelle vers une stratégie box services. Alors je dis box services, mais j'ai mon voisin, qui est chez Samsung, donc je peux le provoquer. Je veux dire le jour LG Samsung me propose un système de TV connectée à peu près standardisé, enfin on va pouvoir investir dessus, bah on jettera les box et puis on montera les services directement sur la télé connectée. Mais c'est une petite pierre, mais c'est exactement ce qu'il a dit tout à l'heure, c'est-à-dire il n'y a pas de standard, on ne peut rien faire, et cetera. Donc on a choisi la boxe provisoirement pour l'instant. Et l'idée c'est que du coup cette box ou cette TV connectée, qu'est-ce qu'elle devient ? Si on va loin dans la réalité, dans le raisonnement, elle devient la limite entre l'intérieur et l'extérieur. Imaginez une box à la maison et qui serve à autre chose qu'à juste l'allumer la télé et à regarder le match de l'euro. Mais que cette box, plutôt que d'aller mettre vos données personnelles chez Samsung, elle soit capable de les stocker et qu’elles vous appartiennent ces données, et que vous ne les partagiez que si vous en avez envie, et que vous disiez à votre mutuelle je veux bien vous donner mes données sur mon chauffage, sur la capacité que je prends des médicaments, sur mon frigo rempli ou pas. Je veux bien vous les donner ces données-là, mais en contrepartie vous me faites des super conditions. Et si un jour je me rends compte que vous avez utilisé mes données pour les filer à quelqu'un d'autre, à ce moment-là c'est fini, terminé, je vous vire. Parce que c'est moi qui suis propriétaire de mes données. Si cette réalité-là elle peut être pensée un jour, on va loin et on va beaucoup plus loin. Et sachez une chose c'est qu’il y a quand même une technologie qui arrive, je n’ai encore à peu près rien compris, mais il paraît qu'il va y avoir une conférence là-dessus, sur le block chain, et je pense qu'il y a peut-être quelque chose de ce côté-là justement, on a une dissémination des données chez tous les acteurs. Et aucun gros acteurs, qui jurent la main sur le cœur qu'ils ne vous piqueront jamais vos données, ne pourront le faire, parce qu'on ne leur donnera pas tout simplement. Voilà. Et l'idée c'est que du coup la télé elle fait l'intérieur et l'extérieur. C'est-à-dire je suis une petite personne âgée chez moi, je regarde la télé, je n'ai pas été ouvrir mon frigo, je n'ai pas été tirer la chasse, les pompiers savent que je suis un peu en difficulté. Pam ! Je prends contact avec la petite vieille sur sa télé, je lui dis "Vous êtes là ? Ça va ? Vous voulez que quelqu'un vienne vous voir ?" Elle ne comprend rien puisque de toute façon avec Alzheimer, Internet, télévision, tout ça se mélange. Du coup, elle a vraiment l'impression d'avoir quelqu'un en face d'elle. On l'a vécu, ça. On me dit souvent que j'ai un humour britannique, mais je pense que quelque part il y a quelque chose à faire et que cette personne-là va être prise en charge par les objets connectés et des plates-formes de services qui sont capables de les interpréter et de déclencher des services d'assistance, de maintien à domicile, etc. Vous voyez, l'intérieur, l'extérieur, la limite. Je termine. Cette technologie permet des nouveaux usages, vous en avez eu quelques-uns. Nous, on l'utilise actuellement dans l'Éducation nationale, c'est une vraie bagarre, c'est très compliqué, mais on est en train de mettre en place des programmes de conférences avec des conférenciers, un peu comme nous là, à destination des élèves de CM2, de sixième, de lycée ou d'université. Et vous savez quoi ? Les conférenciers courent, tous veulent parler directement aux jeunes, ils ne veulent pas de médiation et ils sont très heureux d'utiliser nos technologies. Et les jeunes, vous imaginez, de Picardie, qu'est-ce qu'ils voient ? Il y a Hubert RIVES à la télé. Ils sont contents quand même. Ils voient des choses qu'ils ne sont pas capables de voir. On a eu Pascal PIC, on a Gilles B ŒUF, on a des grands scientifiques qui viennent parler en direct aux élèves et qui ont des retours de questions, et des questions parfois étonnantes. Jamais aucun de nous ne posera une question au président de Reporters sans frontières qui est "Mais quand vous allez sur le terrain, vous n'avez jamais honte ?" Et il faut un gamin pour poser cette question-là, sauf qu'elle a une grosse valeur, cette question, elle est réelle. Vous voyez là, on l'utilise dans l'Éducation nationale. Le mieux qu'on ait fait, c'est dans le cadre du Clémi, on a eu 300 écoles connectées, 45 départements, quatre pays. Et avec plus de 500 questions posées qui montrent l'intérêt des jeunes pour ces technologies-là. Deuxième type d'application, on peut faire ça dans les grands groupes, Carrefour, Auchan, je veux parler à mes directeurs. Enfin une logique non horizontale, enfin une logique on peut discuter, échanger, collaborer avec une vision non pas devant le PC avec un Web machin, mais une télé dans une salle cosy, des fauteuils on discute, on peut envoyer des chewing-gums sur la tête du patron, il ne nous voit pas de toute façon, mais au moins on l'écoute et on peut interagir avec lui. Bien évidemment, ces box nous permettent de transporter des bouquets de chaînes en HLS. Aujourd'hui, je peux m'installer sur une liaison SFR, Orange ou Bouygues et distribuer mes flux HLS de télévision, de TNT, de VOD, de tout ce que je veux sans pour autant être ni Bouygues, ni SFR, ni Orange.
Merci, Philippe. On a déjà plusieurs conférenciers qui nous ont parlé de l'enfer et du paradis. Chacun a sa version. Dans ce monde, je crois qu'il est important d'avoir le point de vue justement de la régulation d'amateurs éclairés.
C'est le point de vue du purgatoire, c'est peut-être ça.
Ou même encore au-dessus, je ne sais pas. En tout cas, Pierre-Jean Benghozi est membre du collège de l'ARCEP et aussi il est directeur de recherche au CNRS et professeur à l'école Polytechnique. Il a depuis longtemps étudié les débuts de l'économie d'Internet. Je vais te laisser la parole pour 12 à 15 minutes, comme les autres de façon à laisser de la place au débat ensuite.
Merci d'abord de cette occasion, effectivement, je vais un peu parler avec la double casquette à la fois de chercheur et puis de régulateur. Je vais essayer de tenir les délais parce qu'effectivement, c'est la fin de la journée et les capacités d'attention tendent à diminuer au fil des heures. Je voulais peut-être revenir un peu sur différents points qui ont été évoqués par les intervenants précédents et peut-être conclure sur les conséquences des analyses qu'on peut porter sur le chambardement qui touche aujourd'hui le numérique et l'organisation des acteurs du point de vue de la régulation de l'action publique. Si je interprète dans mes termes les transformations auxquelles donne lieu aujourd'hui l'économie numérique, la première qui a déjà été évoquée et qui est un problème très classique en économie, c'est finalement la réorganisation des chaînes de valeurs, la réorganisation des relations qui s'organisent entre les différents acteurs. On en a parlé tout à l'heure sous des termes différents, on a évoqué les silos. Derrière cette réorganisation des chaînes de valeurs, derrière ce terme de silos, il y a d'une part l'idée que finalement les acteurs tendent à capturer de plus en plus l'ensemble de la chaîne verticale finalement qui permet de délivrer le produit. Ces jours-ci Tesla a fait les unes des gazettes justement avec des investissements très importants dans le domaine de l'énergie au-delà de simplement le véhicule avec l'idée très clairement de pouvoir intégrer l'ensemble du système et de proposer un service de bout en bout. Ces nouvelles formes d'intégration verticales en silos se traduisent dans le domaine des Télécoms par ce qu'on appelle parfois la convergence tuyau/contenu, à savoir les opérateurs de tuyaux qui cherchent à maîtriser le contenu ou les producteurs de contenus ou de services qui essaient de se développer dans les tuyaux. Tout ça génère de façon un peu nouvelle des formes de concurrences un peu inédites. Traditionnellement dans l'économie, on a des concurrences entre les acteurs. Je parlais de l'automobile tout à l'heure, c'est les fabricants d'automobiles qui se concurrencent entre eux. Aujourd'hui, avec les formes d'intégration verticale que j'évoquais, ce n'est plus simplement Renault qui va concurrencer, ou chercher à concurrencer, Toyota, Volkswagen ou autres, mais c'est Renault qui va être en concurrence entre guillemets avec Google ou avec Apple sur éventuellement le développement de voitures connectées avec des formes de concurrence qui sont très différentes puisqu'elles s'opèrent entre des acteurs qui ont des positions très différentes dans la chaîne de valeurs. Le deuxième élément que posent ces formes d'intégrations, c'est le déplacement de la valeur et de la création de valeur : qui investit et qui capte la valeur des services ? Ce débat se pose aujourd'hui très clairement dans l'économie des communications électroniques avec le débat sur la net neutralité et derrière la question de la net neutralité, la question de qui investit pour financer les réseaux et qui capte la valeur pour financer en retour les réseaux via ces revenus. En tout cas, c'est des arguments qui sont récurrents dans les discussions qu'on peut avoir entre les OTT d'un côté et les opérateurs de l'autre. Sur cette revalorisation des chaînes de valeurs, le point important aussi à souligner pour moi, c'est l'émergence non seulement de nouveaux entrants, mais de nouveaux entrants à partir de la technologie et à partir de la maîtrise ou de la fourniture de technologies, que ça soient les équipementiers, les opérateurs d'infrastructures ou les développeurs et acteurs de services ou acteurs du cloud par exemple. Autre point important dans ces réorganisations, je passe rapidement, j'aurais peut-être l'occasion d'y revenir dans le débat, c'est ce qu'on appelle parfois la désintermédiation, l'ubérisation. Mais au-delà de ce terme qui est parfois un peu galvaudé, c'est plutôt de nouvelles formes d'intermédiation qui se constituent, Alain en a parlé tout à l'heure, dans l'organisation des marchés dans les plates-formes bifaces. Mais la littérature économique parle des plates-formes bifaces, Alain l'a résumé de façon très claire, mais ce n'est pas la seule façon de percevoir les plates-formes. Et d'ailleurs les deux exemples qu'on a eus sur l'Internet des objets et sur la vidéo montrent que les types de plates-formes qu'on a évoqués étaient tout à fait différents. Ce n'étaient pas des plates-formes d'organisation des marchés, c'étaient des plates-formes de production de services et de construction d'offres. C'est une vision des plates-formes qui est portée d'ailleurs par la littérature managériale qui voit les plates-formes comme des bases sur lesquelles vont se construire des innovations en interopérabilité à partir de composants différents, et avec une vision plus technique, plus productive que simplement interfaces de marchés. Et puis, il y a une troisième couche d'intermédiation qui se constitue au-delà des marchés de la production de services, c'est des intermédiations qui se constituent autour des informations et des données. aussi, on l'a évoqué. Mais au-delà simplement de la gestion des données, il y a la partie gestion des données et il y a la partie, ce qu'on appelle parfois économie de la tension, prescription, recommandation, qui va se servir des données pour réorienter sur certains services, sur certains acteurs. Simplement autour de ce terme un peu simple de réorganisation des chaînes de valeurs, on voit bien qu'on a des mouvements et des dynamiques qui peuvent être assez différents et qui sont importants à garder l'esprit. Ces dynamiques posent finalement les bases de nouveaux modèles économiques qu'à la fois je caractériserais par la nature des ressources qu'ils mobilisent et le type de dynamique qu'ils mettent en œuvre. La nature des ressources qu'elle mobilise, la première et qui est très souvent sous-évaluée, oubliée, dans l'analyse que peuvent avoir un certain nombre d'observateurs, d'analystes, voire d'acteurs du marché du numérique, je ne citerai pas de noms ou simplement sous la torture ou à la fin du pot, c'est la technologie. On présente beaucoup les innovations et le développement de start-up et de nouvelles plates-formes simplement sous l'angle d'une nouvelle idée d'intermédiation, une nouvelle idée de services. Or, en fait toutes les entreprises qui se développent et qui ont eu des succès se sont appuyées sur des ressources ou sur le développement technique. Quand on discute avec les gens d'Uber ou avec les gens de Netflix, ils se présentent comme des entreprises de technologie sur les capacités de développer des algorithmes de matching qui font que la capacité de trouver des chauffeurs est particulièrement performante par rapport à ce qui pouvait exister à côté. Ou bien, pourquoi Netflix a réussi un tel succès dans le secteur de la vidéo à la demande ? La demande existait depuis longtemps. Les contenus n'étaient pas particulièrement attractifs au départ, c'est la capacité d'avoir un outil de recommandation, une ergonomie très forte et un des acteurs puissants chez Netflix, c'est le City O. Cette importance de la maîtrise des technologies me semble un aspect absolument déterminant aujourd'hui dans cette économie qui se traduit par également vont les investissements, quels types de compétences sont développés et comment créer des sources d'innovation à partir de cette technologie. C'est presque des basiques parmi les ingénieurs, mais je le redis parce que c'est des basiques qui sont très souvent oubliés. En tout cas, sur la régulation du secteur des Télécoms, c'est une des questions qui est omniprésente, en tout cas dans les actions qu'on mène. On le dit souvent, on a une régulation pro investissement et pro innovation et ce n'est pas simplement un effet de style. Les autres ressources importantes, je passerais peut-être plus rapidement, qui me semble importantes à maîtriser, c'est la localisation, le rapport au territoire parce que le développement du numérique ne s'appuie pas simplement sur de la dématérialisation, mais sur de nouvelles organisations des relations entre le monde physique et le monde virtuel. Ça peut être parce que la production de services se fait quelque part et la consommation se fait ailleurs. Si je suis producteur de foie gras dans le Gers et que je vends par e-commerce, c'est toute la question d'organisation de la logistique (inaudible). Ça peut être parce qu'on ne sait pas se trouvent les clients et se trouvent les fournisseurs. C'est le modèle d'Uber, je ne sais pas quand je cherche un taxi en sortant va se trouver le chauffeur. La manière dont on va penser cette articulation monde physique et monde virtuel me semble absolument déterminante à la fois sur la fourniture des services, mais également sur l'organisation de l'infrastructure parce que les infrastructures, en tout cas les infrastructures fixes ou les data centers, sont aussi physiquement localisés quelque part et tout le débat autour de la privacy montre bien que la localisation de ces infrastructures n'est pas neutre sur la manière dont un certain nombre de pays ou un certain nombre d'autorités vont peser sur ces services. Et puis le troisième élément qui a aussi souvent été évoqué en termes de ressources, c'est les informations, les données que l'on collecte, que l'on utilise ou pas. Mais, ces données, c'est à la fois des données traces, c'est à la fois des données individuelles, mon numéro de Sécurité sociale, mon adresse, etc. , mais ça peut-être aussi éventuellement des profils et la manière dont je vais utiliser les services. Tout ça crée bien entendu des modèles économiques qui sont très variés. Pour moi, ils se caractérisent par plusieurs choses, ces modèles. D'abord, c'est des modèles qui proposent une hyper offre et un hyper choix. On a une démultiplication considérable des offres disponibles qui vont mélanger à la fois des produits de qualités très différentes. Quand vous allez sur YouTube, vous allez avoir à la fois des vidéos qui sont des vidéos professionnelles, des bandes annonce de films, des extraits de séries de haute qualité, mais vous allez aussi avoir le chat qui est filmé dans la baignoire ou qui prend de l'eau dans le jardin ou une maman ou un papa qui filme son bébé qui chantonne. Ce mélange sur les mêmes sites, sur les mêmes plates-formes de produits, d'offres, de services de qualités très différentes, me semble absolument déterminant parce que bien entendu il va ensuite déterminer l'importance des mécanismes de confiance, des mécaniques de réputation qui n'ont de sens justement que parce qu'on a eu une hyper offre par rapport à laquelle les consommateurs sont un peu perdus. Un mélange d'une économie du luxe et d'une économie du low cost sur les mêmes sites. Le deuxième point important qu'il me semble nécessaire de souligner, c'est le rôle de la marque, du branding et de l'identification. Quand je vais sur YouTube, est-ce que ce qui est important c'est YouTube, c'est la vidéo que je vais voir ou le chanteur, le producteur, etc. ? Est-ce que c'est l'opérateur qui va me donner accès à un certain nombre de services ? Ou est-ce que c'est la marque de la tablette, du smartphone qui va me donner accès à ses services ? On voit bien qu'aujourd'hui, il y a une forme de concurrence verticale un peu nouvelle. Toutes ces marques cherchent chacune à créer, à être le point d'entrée par rapport auquel le choix va se faire chez le consommateur. On le voit bien dans la vidéo, la délinérarisation de la vidéo, qu'est-ce que c'est ? Ça veut dire simplement que ce n'est plus TF1, M6 ou Canal qui devient la valeur importante, c'est le programme. Et c'est encore en train de bouger. Est-ce que ce qui est important, c'est Canal ? Est-ce que ce qui est important, c'est Le petit journal ou une émission en particulier ? Ou est-ce que ce qui est important, c'est Yann Barthès qui va passer de Canal à TF1, etc. ? Et on voit bien qu'aujourd'hui, si la valeur, c'est Yann Barthès, finalement peu importe qu'il passe sur TF1 et Canal, peu importe que ce soit son producteur, ça va être lui qui va créer de la valeur et éventuellement pouvoir développer autour de ça des ressources et des revenus, c'est ce qui se fait autour de certains YouTubers. Et puis, je vais simplement passer très rapidement sur les dernières dynamiques, c'est la gratuité et donc des mécaniques de tarification, mais Alain en a parlé. Et puis le fait que l'on a des offres qui s'appuient sur une multitude de contributeurs, des économies participatives, collaboratives. Bien entendu, tout ça donne une vision beaucoup plus complexe des plates-formes que la vulgate économique des marchés bifaces qui est tout à fait pertinente, qui est tout à fait importante pour la compréhension des dynamiques de fixation de tarifs, etc. , mais qui rend la perception du problème, notamment pour le régulateur, je vais conclure sur quelles conséquences pour l'action publique, qui rend beaucoup plus difficile pour le régulateur la (inaudible) puisqu'on n'a pas simplement à arbitrer entre des externalités de réseau finalement le développement sur un pan du marché va construire de la valeur sur l'autre pan du marché, mais on a à penser à la fois des innovations techniques, des dynamiques d'investissement et des dynamiques de fixation des services. Et nous aujourd'hui en tant que régulateurs, je ne vais pas rentrer dans le détail des décisions, on est face à trois difficultés. La première, c'est la question de la compréhension d'un secteur qui est complexe, qui est en mutation. On l'a vu sur le cas de l'Internet des objets, quels sont les besoins en termes de fréquence, en termes de connectivité, est-ce qu'il y a vraiment besoin de penser à la connectivité ou pas, comment organiser l'interopérabilité ? Ça, c'est déjà comprendre ce qui se passe. Deuxièmement, une fois qu'on a compris ce qui se passe, comment définir les principes d'action face à la variété des objectifs et des parties prenantes ? Est-ce qu'on régule pour les acteurs économiques ? Est-ce qu'on régule pour les consommateurs ? Est-ce qu'on régule pour l'État et pour permettre le développement d'infrastructures qui vont permettre à la société française de se développer ? Et puis troisième difficulté, c'est le problème de la temporalité de la régulation. On est sur des innovations, des technologies qui bougent très rapidement. Vous le voyez que même dans les OTT les choses évoluent très vite. Il y avait des annonces ce matin comme quoi YouTube voyait son trafic diminuer au profit d'autres services OTT. Or, le temps de la régulation, c'est forcément un temps long ou un temps moyennement long. Et de ce point de vue là, je crois que les difficultés que peut avoir la Commission européenne face à des cas comme Google et la longueur pour traiter le cas Google montrent que c'est plusieurs années l'ordre de grandeur alors que les mouvements d'arrivées des technologies, de changement des positions de dominance de la part des acteurs de l'Internet sont beaucoup plus rapides et on a une difficulté qui est très contrainte et qui amène aussi à favoriser des actions plus de softs régulation ou d'autorégulation finalement on accompagne l'auto organisation du secteur plus qu'on n'impose des dynamiques très fortes de départ. Mais je pense que ça fera l'objet de vos prochains débats d'après ce que j'ai cru comprendre.
Merci, Pierre-Jean. Merci à vous quatre, on a bien eu quatre points différents finalement, mais tout le monde a parlé d'une certaine façon de plates-formes et d'interopérabilité, il y a des mots qui sont revenus quand même. On voit bien que le bouleversement a vraiment eu lieu parce qu'il y en a certains dont on ne parle même pas. On va peut-être passer à la phase des questions. Je sais qu'il y a des questions. Philippe RECOUPE a reçu des questions invisibles. D'autre part, il y a des questions dans la salle et puis vous avez peut-être des questions entre vous. J'ai envie de démarrer par Philippe parce qu'il a l'air d'être prêt, il piaffe, il a reçu des SMS. La plate-forme, ça sert à quelque chose.
Je ne suis pas une plate-forme, je suis bien un intermédiaire, ce n'est pas moi qui pose les questions. J'ai reçu deux questions, mais je pense qu'on va en poser une et puis après, on laissera la parole à la salle et puis peut-être aussi aux interactions et puis on gardera la deuxième question pour un peu plus loin. Celui qui a posé la deuxième question, et je sais qui s'est, va être impatient. La première question s'adresse à Luc, est-ce que vous pouvez donner un exemple pratique d'application entre les plus de 200 objets connectés par la plate-forme ?
Je vais vous donner une application d'abord idiote et après je vais vous en donner une rigolote. Aujourd'hui sur mes 205 objets, j'ai 188 règles qui gèrent ma vie et la vie de la famille. Ces 188 règles, c'est 188 applications. La plus idiote, c'est la première que j'ai faite, c'est celle que j'ai citée un petit peu tout à l'heure, c'est faire communiquer mon fitbit avec mon nest. Je disais que je porte toujours mon fitbit. Pourquoi ? Parce que quand je rendre d'un footing chez moi le soir et que j'ai chaud et que le fitbit le sait parce qu'il sait combien de calories je suis en train de dépenser, il va baisser le nest d'un degré ou deux. Pourquoi est-ce idiot ? Parce que la règle n'est pas trop compliquée. Ça ne fait pas gagner beaucoup d'argent. Ça va me sauver un ou deux degrés de temps en temps comme ça, peut-être quelques cents par mois. Rien que d'avoir écrit le truc, ça coûte beaucoup plus cher. Ça montre juste l'interopérabilité de deux objets qui n'étaient pas faits pour s'entendre et les gars qui les ont fabriqués n'ont jamais pensé à ça au moment ils les ont fabriqués. Ils pensaient à leur propre stylo et ils pensaient dans leurs propres champs de vision. La deuxième qui est rigolote, celle que j'aime bien, ma préférée en fait, enfin j'ai deux préférées à la maison. J'ai mon APE (inaudible). C'est quoi ? Quand j'arrive à la maison, je peux parler à la maison étant donné que Siri est toujours quelque part, je dis "Samy - c'était le nom de la plate-forme avant - aperitive scene. " À ce moment-là, ça fait 15 trucs. C'est quoi ces 15 trucs ? Ça va baisser mes stores, mettre des lumières un peu funky pour mettre dans l'ambiance, allumer la cheminée, mettre la musique qui va bien, éteindre les télés s'il y en a, fermer les portes, mettre l'alarme dans le truc, fermer la porte du garage, etc. Si j'avais à faire ça moi-même tous les soirs au moment je vais aller boire un coup, j'ai 15 trucs à faire, j'ai 15 minutes de préparation juste pour faire ça. C'est rigolo. Et c'est qu'on voit l'interopérabilité entre tous ces objets trouvés qui n'étaient pas faits pour dialoguer et pour m'assister et on voit que l'interopérabilité est un assistanat utile.
Je ne sais pas si la salle a des questions ?
Bonjour Michel Chapeau. J'avais une question sur l'aspect géopolitique de l'Internet. On oublie une chose, c'est qu'Internet est dominé par les Américains et leurs alliés. On a pu le voir avec les différents Wikileaks ou Panamaleaks, on peut imaginer que certaines agences gouvernementales ont été à l'origine de ces vols. On me parle de Internet of things, c'est très bien, mais à un moment donné, on peut très bien imaginer une puissance qui décide par le contrôle de l'Internet de bloquer votre fitbit, de bloquer tous vos systèmes. Cet espace de liberté risque de disparaître. J'ai bien aimé le côté aventureux de Monsieur Laredo qui dit "Essayons de reprendre le contrôle de nos contenus. " Et je crois que les agents de régulation, vous nous l'avez bien expliqué, ont toujours un train de retard et en tout cas n'abordent pas trop ce sujet. J'aurais aimé avoir votre avis sur ce point-là. Je vous remercie.
La question s'adresse à plusieurs intervenants, c'est bien.
On ne l'aborde pas parce qu'en même temps, on est régulateurs des infrastructures. Les choses sont en train d'évoluer. On régule les communications électroniques. Donc, on n'est pas régulateurs des services de l'Internet. La dimension géopolitique, on n'a pas à la traiter en dehors des relations entre opérateurs avec l'étranger par exemple autour des (inaudible) ou autour des mouvements de concentration qu'il pourrait y avoir. Mais une fois qu'un opérateur est déclaré, est actif en France, on va réguler son activité, mais quelle que soit sa nationalité de départ. La question va peut-être un peu bouger parce que la dernière loi Macron nous donne la responsabilité de la régulation sur les plates-formes. Donc, on commence à aller sur des problèmes de loyauté, des problèmes y compris concurrentiels. De ce point de vue en tout cas, on n'y a pas été directement confrontés, sauf quand on a été amenés à donner notre avis sur la loi sécurité pour laquelle on a été amenés à donner notre sentiment. L'avis qu'on a eu sur la loi sécurité et les mesures qui étaient faites sur les réseaux a plus porté, non pas sur l'opportunité ce n'est pas notre champ réglementaire, mais par contre sur le fait que certaines mesures de (inaudible) catcher, etc. , pouvaient ou pas perturber les réseaux et jusqu'on pouvait aller. Donc, on a donné un avis qui est purement technique, mais pas un avis de (inaudible) parce que ce n'est pas la fonction du régulateur.
Je vais rajouter deux petits mots sur les questions de régulation. Dans le cadre des travaux de la chaire, on a eu l'occasion d'interroger sur cette question-là Sébastien Soriano, mais aussi Bruno Lasserre, président de l'autorité et de la concurrence. Il nous a dit deux-trois choses qui étaient très intéressantes. Je reviens à la question de la valeur avant de répondre plus directement à votre question. Il nous a dit que l'autorité de la concurrence, même quand on lui demandait d'intervenir sur des problèmes de concurrence entre des plates-formes, elle n'était pas pour régler la question de la répartition de la valeur le long de la chaîne de valeurs. Ils étaient pour traiter de l'abus de position dominante, pour traiter des fed locking. Mais s'il n'y a pas de raisons d'intervenir en termes d'abus de position dominante ou d'infraction quelconque en droit de la concurrence, certainement pas pour déterminer à qui la valeur doit aller : Untel ou Untel ? Et puis on l'a interrogé exactement sur votre question et il nous a dit qu'en ce qui le concernait, il avait deux gros problèmes en matière de régulation. Le premier, c'était le problème du temps, tu l'as abordé tout à l'heure. Il dit que les grosses plates-formes, les gros acteurs de l'Internet, de toute façon, ont toujours un temps d'avance sur les régulateurs. Et non seulement ils ont un temps d'avance sur les régulateurs, mais ils ont tous les moyens pour retarder l'action du régulateur quand il y en avait besoin avec des batteries d'avocats, etc. Le premier problème, c'est le problème du temps. Le deuxième problème auquel il se heurtait en tant que régulateur, c'était le problème de la territorialité. C'est-à-dire qu'il pouvait intervenir facilement sur le territoire national, il a cherché quelques moyens, et il a trouvé d'ailleurs dans un certain nombre de cas, pour intervenir même quand il n'y avait pas d'acteurs qui était implantés nationalement, mais dès lors que ça avait un effet sur le marché national, il a trouvé moyen d'intervenir. Mais dans tous les cas de figure, le problème aujourd'hui de la territorialité de l'intervention des régulateurs, en France ou ailleurs, n'est pas résolu. C'est un point de suspension, il essaie d'agir en ce sens en tant que régulateur national en relation avec de l'international ou avec d'autres régulateurs nationaux, mais aujourd'hui, il considère que le problème n'est pas résolu et qu'en tous les cas, la capacité qu'il peut avoir d'agir lui-même, parce qu'il a essayé d'intervenir au niveau international et il a réussi dans un certain nombre de cas, n'est pas saisie par les autres régulateurs nationaux qui sont sans doute moins enclins à le faire. Le problème de la territorialité est aujourd'hui un problème fondamental de l'action de régulation et qui n'est pas résolu.
Si on me passe le micro et qu'on parle de régulation, c'est un peu comme agiter le chiffon rouge. Ça fait 30 ans que je fais de la télématique puisqu’à l'époque dans une chambre de bonne avec mes copains, on avait lu ce mot télématique et on se demandait ce que c'était, donc on s'y est mis. Et puis, on a découvert en 96 l'Internet et la régulation et l'amitié que nous portait l'ARCEP. Une vraie amitié, un amour presque. Je vous le jure, on me tapait dans le dos. Et après progressivement, je me suis rendu compte que j'étais plutôt le cache-sexe concurrentiel, c'est-à-dire qu'on servait comme une espèce de justification d'une régulation qui ne disait pas son nom. Et qui devrait dire un jour son nom : parlons de politique industrielle, parlons de politique d'action, c'est ça ! Or, on nous coupe les ailes. On nous dit qu'on fait de la régulation, mais aujourd'hui on est passés d'une régulation par les services à une régulation par les infrastructures poussées par Bruxelles. Et là, l'ARCEP ne nous connaît plus, elle nous a oubliés, on est quasiment morts. Ils peuvent chanter le kaddish. Et c'est ça qui me choque, c'est qu'à un moment donné, il faut choisir : ou on fait de la régulation ou on fait de la politique industrielle. Et je pense qu'en Europe, on a besoin de politique industrielle. Est-ce que c'est normal que tout aille aux Américains et qu'on ne soit pas capables de faire nos propres serveurs racines DNS ? C'est normal ? Il y en a qui l'ont fait, ne serait-ce que Google, ils font du DNS positioning à l'échelle de la planète. Vous vous rendez compte ? C'est-à-dire qu'ils détournent les serveurs racines à leur propre profit. C'est possible pour Google et pour l'Europe ou les gouvernements et les États, ce n'est pas possible ? La question, elle est là. Ce n'est pas une question de régulation, c'est une question de choix politique. C'est tout ce que j'avais à dire. Mais nous, on est toujours les petits, les sans-grade.
Je souscris au fait que c'est un problème de choix politique. L'action du régulateur, et je m'en suis aussi aperçu même si je le savais théoriquement, mais une fois qu'on est dedans on s'en aperçoit, est extrêmement contrainte par le cadre réglementaire et législatif. C'est-à-dire qu'on lève le petit doigt, on a des contentieux qui se multiplient parce que si on se met à réguler les services au nom de la nationalité, on a toute de suite les contentieux qui naturellement vont arriver parce qu'on sortira du cadre, etc. La question, c'est bien quel est le cadre réglementaire et le cadre d'actions que le politique au sens large, que ce soit le politique national ou européen, accepte de donner aux autorités indépendantes pour agir, au nom de quoi et sur quelles bases. Je pense que c'est quelque chose qu'il faut vraiment garder à l'esprit, c'est que le régulateur peut avoir des principes, des actions, des modèles économiques sous-jacents, mais en tout état de cause et à l'arrivée, c'est vraiment la loi qui va cadrer ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut pas faire, jusqu'on peut aller et comment et jusqu'à nos communiqués de presse sont pesés au trébuchet sur la manière dont on annonce certaines décisions, dont on annone certaines prises de position, dont on définit des lignes directrices, des orientations, des recommandations parce qu'effectivement, on est tout à fait bornés par le cadre que nous donne la loi. De ce point de vue là, s'il y a des dimensions qu'on doit prendre en compte, on ne peut pas le faire simplement tout seul.
Merci beaucoup. On a une autre question, c'est vous.
Mon nom, c'est Jean-Claude Martin. J'ai une question. Alain Vallet a parlé de la valeur ajoutée des plates-formes qui était de donner la confiance. Effectivement, si les plates-formes sont dans un business biface, il faut que les deux côtés aient confiance. Or, cette confiance repose sur des données personnelles et de la sécurité. Il y a une balance entre vie privée et un maximum de sécurité. Ma question, c'est sur le problème du rôle des fournisseurs de tuyaux vis-à-vis des OTT. Les opérateurs sont obligés de faire un minimum d'authentification, ne serait-ce que pour faire payer les communications, soit on a une ligne fixe, soit on a un mobile et on a une carte SIM. Ma question, c'est est-ce qu'il y a un peu un incontournable que le fournisseur de tuyaux contribue à cette confiance et à cette authentification ? Et donc évidemment, ça met en question le problème de la neutralité du net.
Une question claire. Sur les opérateurs je dirais, quel rôle doivent-ils avoir, notamment sur la confiance ?
Dans ma réponse, il y aura deux niveaux à votre question. Quand je parlais de la confiance que les uns et les autres accordaient à la plate-forme, cette confiance étant cette partie de la valeur de la plate-forme en question, c'était la confiance que pouvait faire chacune des deux phases du marché à la réalité et à l'effectivité de la transaction. Votre question va au-delà, elle va dans la confiance qu'on peut accorder à la liaison à Internet au sens large qui est le support physique de la transaction. Je pense que la question est plus à poser aux opérateurs qu'aux plates-formes, de mon point de vue. D'ailleurs, si vous posez la question aux plates-formes, elles vont renvoyer vers les opérateurs.
Je veux bien répondre en tant qu'opérateur, moi je dis non. Je vois par exemple certaines applis, prenons WhatsApp. On a vu apparaître récemment un petit truc qui dit "Toutes vos communications sont maintenant cryptées entre utilisateurs de WhatsApp. " J'ai une carte Transatel powered by Orange ou un truc comme ça, et à la limite Orange ou Transatel ne voient rien de mon trafic WhatsApp. Et là, c'est la plate-forme qui gère le…
Ça fait partie de la confiance dans la transaction. Ce n'est pas la confiance que vous avez ou non dans le réseau qui supporte votre transaction. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est pour ça que je dis que ma réponse était à deux niveaux : à un niveau de la transaction elle-même et à un niveau de qui supporte matériellement la transaction.
Oui, juste pour ajouter une couche de complexité. Je pense que cette question d'authentification n'est pas simplement dans les mains des opérateurs, en partie, mais pas simplement. Je prends juste un exemple qui va paraître très vintage, old fashion, etc. On traitait ce matin en collège la question de l'équivalent des Ping call ou des SMS qui demandent des rappels, ou les services à valeur ajoutée. On a des numéros qui vous appellent, on tombe sur un répondeur vous rappelez. On pourrait se dire que c'est très facile, on a le numéro, on peut l'identifier. En fait la question, c'est la chaîne de traitement des numéros. C'étaient à la fois l'opérateur d'infrastructures, l'opérateur du service, etc. La difficulté qu'on peut avoir, c'est que l'ensemble de ces acteurs acceptent de travailler ensemble ou éventuellement de repousser la rémunération qu'il peut y avoir entre les uns et les autres pour pouvoir faire des listes noires ou faire du blocage de certains numéros, etc. Y compris sur quelque chose qui est assez simple puisque finalement, c'est simplement le numéro de téléphone qui est en jeu, on a déjà des difficultés pour construire ne serait-ce qu'une autorégulation de l'ensemble des acteurs pour arriver à éliminer les moutons noirs et à mettre en place des procédures d'authentification croisées qui permettent d'éviter justement les abus.
Philippe, pour la deuxième question de nos auditeurs distants.
Assez logiquement, je devrais commencer par la deuxième question, mais j'ai un problème parce que le dernier texto que j'ai reçu c'est "J'annule ma question, désolé. " Comme en plus je ne sais pas qui sont les émetteurs, je ne sais pas laquelle des questions précédentes je dois annuler, donc je vais faire comme si je n'avais pas vu la dernière et donc je vais passer à la deuxième. La question : ne faudrait-il pas trouver un système